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Wéré-Wéré Liking met en garde contre les projets extérieurs visant à marginaliser les peuples africains lors du lancement de la BMT Green Academy.
Plusieurs acteurs culturels se sont réunis, le mercredi 6 août 2025, à Bingerville à l’occasion du lancement officiel de la BMT Green Academy, une initiative portée par Bayiha Marie-Thérèse, en présence de nombreuses personnalités, dont Wéré-Wéré Liking.
Marie-Thérèse épouse Bayiha, fondatrice de la BMT Green Academy, a exprimé sa gratitude envers ses invités. Elle a souligné que la BMT Green Academy est ouverte à tous, sans distinction de nationalité, et accessible aussi bien aux Ivoiriens qu’aux publics internationaux. Grâce à un système de cours en ligne, la formation se veut flexible, inclusive et adaptée à tous les profils.
« Peu importe le niveau initial, chacun doit pouvoir accéder à la connaissance », a-t-elle affirmé, tout en précisant qu’un minimum de compétences en lecture et écriture est souhaité pour faciliter le suivi des enseignements. L’offre académique, à la fois pluridisciplinaire et holistique, vise principalement la formation de thérapeutes, mais s’adresse également aux artistes, musiciens, acteurs et à toute personne en quête de sens ou de développement personnel. Des parcours spécifiques, assortis de certifications, sont proposés à chaque profil. Les enseignements couvrent aussi des thématiques essentielles telles que le leadership éthique, le changement climatique ou encore les Objectifs de Développement Durable (ODD). Pour l’académie, l’objectif est clair :
« Remettre le vivant au centre de toutes les préoccupations : un vivant qui évolue dans un habitat sain, au sein d’un environnement équilibré et respectueux de la nature. »
Un symbole fort et un retour aux racines
Wéré-Wéré Liking, attachée à l’initiatrice, qu’elle a affectueusement présentée comme sa fille, sa petite-fille et sa belle-fille, a confié se sentir bénie, estimant recevoir aujourd’hui bien plus que ce qu’elle a semé au fil des années.
L’ouverture de la BMT Green Academy, qui coïncide avec les 40 ans du Village Kiyi, revêt à ses yeux une dimension hautement symbolique. Elle y voit la confirmation que les valeurs transmises depuis plus d’un demi-siècle n’ont pas été vaines, malgré les doutes et les incertitudes.
« Dès l’enfance, chacun possède le pouvoir de transformer le monde, pour le meilleur ou pour le pire », a-t-elle rappelé, invitant à une prise de conscience collective et affirmant que le changement du monde commence par le changement de soi. Wéré-Wéré Liking a également mis en garde contre les projets extérieurs visant à marginaliser les peuples africains, comme cela a été le cas sur d’autres continents.
« L’Afrique ne doit pas accepter d’être reléguée. Elle doit revendiquer un retour volontaire et éclairé à ses racines, non pas par faiblesse, mais pour se reconnecter à ses forces ancestrales. »
Pour elle, la puissance africaine ne réside pas dans les armes, mais dans la lumière, la sagesse, le respect de la vie et la résilience héritée des ancêtres. Elle voit dans la création de cette académie un moment décisif, destiné à faire revivre ces savoirs essentiels.
Elle a conclu en adressant sa bénédiction à l’ensemble des participants, les remerciant pour leur engagement et les encourageant à poursuivre leurs efforts pour que l’Afrique soit reconnue comme une source de bien pour l’humanité.
Olivier Dion avec Gérard Batoua
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